Assurer sa trottinette : quelle assurance choisir en France ?

3 750 euros : c’est le prix d’une négligence devenue trop courante. Dès lors qu’une trottinette électrique dépasse 6 km/h, la loi française impose une assurance responsabilité civile, sans distinction de puissance. Oublier de souscrire, c’est risquer non seulement cette amende salée, mais aussi la saisie pure et simple de l’engin lors d’un banal contrôle.

Les assureurs, eux, ne laissent rien au hasard. Deux personnes sur la trottinette, ou une vitesse dépassant 25 km/h sans homologation, et la couverture saute. D’un contrat à l’autre, garanties, franchises et plafonds d’indemnisation s’envolent dans des directions très différentes. L’uniformité n’existe pas.

Assurance trottinette électrique : ce qu’il faut vraiment savoir en France

La trottinette électrique fait partie de la grande famille des EDPM, ces engins de déplacement personnel motorisés qui ont littéralement envahi les rues françaises avec l’arrivée massive des NVEI, autrement dit, tous ces nouveaux véhicules électriques individuels. Gyropodes, hoverboards, monoroues, speed bikes, vélos à assistance électrique : tous relèvent d’un même cadre réglementaire, mais chaque engin apporte ses propres contraintes en matière d’assurance.

Pour couvrir sa trottinette électrique, il ne suffit pas de souscrire une simple responsabilité civile. Certes, la loi l’impose pour tous, afin de dédommager les tiers pour les préjudices matériels, corporels ou immatériels. Mais cette formule ne protège en rien l’utilisateur : ni ses blessures, ni les dégâts sur sa propre trottinette ne sont pris en charge. Pour aller plus loin, il faut penser à des options supplémentaires.

Voici les garanties à examiner avant de signer :

  • Garantie vol : elle s’active en cas de vol, mais souvent sous réserve d’utiliser un antivol homologué. À contrôler dans les conditions.
  • Garantie dommages matériels : prise en charge si la trottinette est endommagée, que ce soit après une chute, une collision ou un acte de vandalisme.
  • Garantie individuelle accident : intervient pour l’indemnisation des blessures subies par l’utilisateur, même s’il est responsable de l’accident.
  • Garantie défense pénale et recours : un accompagnement juridique précieux en cas de litige après un accident.
  • Garantie assistance : dépannage ou rapatriement de la trottinette en cas de panne ou d’immobilisation.

La formule multirisques regroupe ces garanties optionnelles, à l’image de ce qui existe pour l’auto. Les différences sont notables d’un assureur à l’autre : plafonds d’indemnisation, montants des franchises, exclusions variées. Les acteurs comme Maif, Allianz, Ulygo ou Qivio proposent chacun des offres spécifiques, à comparer selon la valeur de votre engin et la fréquence d’utilisation. Attention aussi aux clauses restrictives : conduite à deux, modifications techniques non déclarées, ou débridage de la vitesse sont souvent des motifs d’exclusion.

Êtes-vous obligé d’assurer votre trottinette ? Focus sur la loi et les risques

Le décret n° 2019-1082 a tranché : la trottinette électrique doit être traitée comme tout EDPM. Impossible d’y échapper : chaque utilisateur est tenu de souscrire une assurance responsabilité civile. Cette obligation vise à garantir l’indemnisation des tiers, piétons renversés, voitures endommagées, tout incident est couvert dès lors qu’il implique autrui.

La responsabilité civile couvre uniquement les dommages causés à d’autres. Le conducteur lui-même, ses blessures ou les dégâts sur sa trottinette restent à sa charge, sauf souscription d’une garantie supplémentaire. Une fracture, une perte de revenus, la réparation d’un guidon tordu : sans option, tout sort de votre poche.

Voici les conséquences concrètes d’un défaut d’assurance :

  • Défaut d’assurance : expose à une amende pouvant grimper à 3 750 €.
  • Intervention du FGAO : en cas d’accident sans assurance, le Fonds de Garantie indemnise la victime, puis se retourne contre le responsable pour récupérer les sommes versées.
  • Recours BCT : si un assureur refuse de vous couvrir, le Bureau central de tarification peut l’y contraindre, selon certaines conditions.

Depuis avril 2024, la carte verte n’est plus requise pour les véhicules immatriculés. Mais pour les EDPM non immatriculés, la vignette d’assurance reste obligatoire. Elle doit être présentée lors d’un contrôle, sous peine de sanction immédiate. Autre point à connaître : la législation ne fait aucune distinction selon l’usage (privé ou professionnel), la puissance ou la vitesse bridée. Détenir une trottinette électrique suffit à imposer la souscription d’une assurance.

Comment choisir la bonne assurance selon vos besoins et votre usage

Comprendre les garanties pour affiner votre choix

Se contenter de la responsabilité civile, c’est s’exposer à des déconvenues. Elle protège les autres, mais pas le conducteur, ni la trottinette elle-même. Pour ceux qui utilisent leur engin au quotidien, notamment en ville, l’option vol devient vite indispensable. Certains assureurs exigent un antivol homologué : vérifiez toujours cette condition avant de souscrire.

La garantie dommages matériels prend tout son sens si vous souhaitez de l’aide en cas de chute ou d’accident. Les utilisateurs intensifs ou adeptes de trajets combinés apprécieront cette protection supplémentaire. Pour votre propre sécurité, la garantie individuelle accident prend le relais en cas de blessure, même si vous êtes le seul en cause ou si aucun tiers n’est identifié. Les options défense pénale et recours, ou assistance, complètent la couverture : utiles en cas de litige ou de panne loin de votre domicile.

  • Assurance multirisques : elle combine responsabilité civile, dommages matériels, corporels, assistance, et parfois la prise en charge des catastrophes naturelles.
  • Attention aux exclusions fréquentes : conduite sous l’influence, modification technique non déclarée, défaut d’entretien, usage non conforme.

Un point à vérifier : certaines assurances habitation ou auto prévoient déjà une protection pour les NVEI. Avant de souscrire un contrat spécifique, relisez vos polices existantes. Les besoins diffèrent selon la fréquence d’usage, le mode de stationnement, la valeur de l’engin. Les assureurs spécialisés proposent des formules sur-mesure, à ajuster selon votre profil et vos habitudes.

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Comparatif des offres : zoom sur les formules et les prix du marché

Panorama des assureurs et de leurs garanties

En France, la responsabilité civile sert de socle commun à toutes les offres, imposée par la réglementation. Qivio, Luko, Ulygo proposent des formules de base qui incluent cette garantie, avec, en option, des protections contre le vol, les dommages corporels ou l’accompagnement juridique. Allianz élargit son offre avec l’assistance et la garantie conducteur, couvrant la casse et la défense pénale. La Maif s’adresse davantage aux familles, en associant vol, dommages corporels et accompagnement juridique. La Macif enrichit ses formules avec la garantie accident et la prise en charge des réparations matérielles.

Moov’Zen ajoute une note originale avec une assurance qui prévoit le remboursement du taxi ou le remorquage, idéale pour les citadins qui misent sur la mobilité flexible. Weebot, à travers son Weeclub Premium, vise les utilisateurs réguliers, en adaptant la couverture à un parc de NVEI plus vaste.

Pour mieux comparer, voici quelques repères sur les tarifs et la flexibilité des contrats :

  • Tarifs : ils oscillent entre 4 et 12 € par mois pour une formule de base, et peuvent grimper jusqu’à 20 € pour une multirisques bien fournie. La valeur de la trottinette, la fréquence d’utilisation et la zone de déplacement influencent le montant.
  • La majorité des contrats modulaires permettent d’ajouter ou de retirer des options à tout moment, ce qui offre une flexibilité bienvenue dans la gestion de votre protection.

Les grands groupes généralistes couvrent désormais les EDPM, mais les assureurs spécialisés proposent souvent des garanties mieux calibrées pour les risques spécifiques de la mobilité urbaine et des usages partagés. Le choix ne se limite donc pas au tarif ou à la fiche des garanties : la qualité du service client et la capacité à adapter l’assurance à votre mode de vie font toute la différence. Au bout du compte, mieux vaut une protection ajustée qu’un contrat générique. La trottinette électrique ne tolère pas l’à-peu-près : l’assurance, elle non plus.