En 2026, l’électrique représente 42 % des immatriculations dans les flottes d’entreprise françaises. Pourtant, selon le Baromètre des Flottes Beev publié en septembre 2026, 74 % des gestionnaires ne structurent toujours pas l’accompagnement à la recharge de leurs collaborateurs. Un paradoxe qui pèse sur les finances, la fiscalité et la sérénité des équipes.
Un réseau dense, mais une gestion encore morcelée
La France compte désormais plus de 150 000 points de recharge publics, avec des réseaux rapides densifiés sur les grands axes. Sur le papier, la couverture est là. Dans la pratique, la multiplication des opérateurs, des tarifs (au kWh, à la minute, au forfait) et des applications mobiles crée une vraie dispersion pour les conducteurs. Sans solution centralisée, un commercial itinérant peut se retrouver à jongler entre plusieurs comptes, avancer des frais de sa poche et remettre des notes de frais complexes à traiter.
C’est précisément pour simplifier cette réalité que des courtiers spécialisés comme auto-gestion.fr proposent des cartes de recharge professionnelles multi-réseaux : une seule carte par conducteur ou véhicule, une facturation centralisée au nom de l’entreprise et un suivi des consommations par poste. Deux produits sont notamment référencés : la Carte Grise électrique, qui donne accès à environ 140 000 points en France via des réseaux comme TotalEnergies, Tesla ou Ionity, et la Carte Orange Charge+, couvrant plus de 150 000 points en France et jusqu’à 800 000 en Europe, pour les flottes à rayonnement international.
Ce type de solution règle aussi un problème fiscal souvent sous-estimé : sans facturation émise au nom de l’entreprise, la TVA sur l’électricité consommée lors d’une recharge publique n’est tout simplement pas récupérable. Pour les véhicules électriques en flotte, l’enjeu comptable est donc réel.
Des obligations réglementaires qui accélèrent la structuration
Le contexte légal pousse les entreprises à agir vite. Depuis 2025, les sociétés de plus de 100 véhicules doivent intégrer au moins 15 % de véhicules à faibles émissions dans leurs renouvellements de flotte. Celles qui n’atteignent pas cet objectif s’exposent à une taxe portée à 4 000 € par véhicule manquant en 2026. Par ailleurs, le règlement européen AFIR impose des stations rapides (150 kW minimum pour les voitures) espacées d’environ 60 km sur les grands axes, ce qui accélère la densification du réseau public, mais aussi la nécessité d’outils adaptés pour en tirer parti.
Côté équipement des sites, tout parking d’entreprise de plus de 11 places doit désormais comporter au moins une borne ; au-delà de 200 places, deux bornes minimum sont attendues. Autant d’obligations qui transforment la recharge d’une question logistique en véritable chantier de gestion de flotte.
Piloter la recharge, c’est aussi maîtriser les coûts et l’empreinte carbone
Au-delà de la conformité, la carte de recharge professionnelle ouvre la voie à un pilotage plus fin. L’Ademe estimait en août 2026 qu’un pilotage intelligent de la recharge peut réduire de 20 % l’empreinte carbone d’une flotte électrique, notamment parce que recharger à 3h du matin génère environ 40 g de CO₂ par kWh contre 80 à 100 g en soirée, quand les centrales à gaz compensent la demande de pointe. RTE avait d’ailleurs mis en garde dès juillet 2026 contre les risques de pics de consommation non anticipés liés aux recharges non pilotées en fin de journée.
Structurer la recharge de sa flotte n’est donc plus une option réservée aux grandes entreprises. C’est une décision de gestion, avec des conséquences directes sur la TVA récupérée, les cotisations sociales, la traçabilité des consommations et, à terme, le bilan carbone de l’entreprise.

